À mesure que le dérèglement climatique s’accentue, l’été se fait de plus en plus nostalgique. Comment ne pas se résigner devant la disparition des paysages que nous avons toujours connus ?
J'ai grandi dans une région réputée pour sa douceur. Les hivers y sont pluvieux sans être rigoureux. Les étés, tempérés. C’est en tout cas ce que l’on peut lire dans les manuels de géographie du début du XXe siècle et dans les poèmes de Joachim du Bellay. Mes souvenirs d’été sont arrimés aux bords de Loire. On y trouve des forêts verdoyantes peuplées de hêtres et de chênes et des jardins parfumés à la tombée de la nuit, bercés par le chant des grillons et le hululement des chouettes. Des promenades émerveillées entre chien et loup, où il n’est pas rare de croiser un chevreuil ou deux. Plus que simples fragments du passé, ces tableaux sensoriels conditionnent mon rapport à l’été. En temps normal, j’attends le mois d’août avec une impatience gourmande et pleine de promesses. Mais pas cette année.Lorsq...
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