Théologie
« Tu ne laisseras pas vivre la sorcière » (Exode 22, verset 18) est le verset le plus cité dans le Malleus Maleficarum. Il devient le slogan des chasseurs de sorcières en Europe et le fondement juridique de la condamnation à mort de dizaines de milliers de personnes. Or, même s’il est question de sorcellerie et de magie dans la Bible, les mots employés disent d’autres réalités.
Dans la Vulgate, la version latine de la Bible, « on lit qu’il ne faut pas laisser vivre les maleficos, un pluriel masculin au sens élargi qui comprend également les femmes. Mais à un certain moment, la voyelle finale est modifiée et le mot devient exclusivement féminin », explique Marina Benedetti, professeure d’Histoire du christianisme et des Églises à l’Université d’État de Milan. Comment dans les traductions successives de la Bible, de l’hébreu, au grec, au latin puis aux langues vernaculaires, un même mot peut-il désigner une tout autre catégorie de personnes ? Dans la version hébraïque originel...
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