La figure du Grand docteur a occulté durablement d’autres aspects, pourtant essentiels, de la vie et l’œuvre d’Albert Schweitzer (1875-1965). En particulier, sa contribution à la pensée écologique naissante a été peu étudiée.
Si l’écologie, étymologiquement, est la science de l’habitat, chez Albert Schweitzer, il y a des manières diverses d’habiter la Terre. Il le fait en décloisonnant les savoirs et en questionnant le rationalisme froid de la tradition intellectuelle occidentale. Albert Schweitzer récuse ainsi le dualisme entre raison et émotion, constitutif de notre modernité politique. Cela lui permet de développer une écologie du vivant bio-centrée et une politique de l’attachement fondées sur l’empathie. Car Albert Schweitzer est un penseur majeur de la relation (à Dieu, aux êtres humains, aux animaux, aux plantes...). On ne trouve aucun esprit de supériorité chez lui.Ces manières diverses d’habiter la Terre sont en résonnance avec trois principaux lieux. Le premier des habitat...
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