
Le mal ? Sujet complexe. Ce terme désigne de manière générale tout ce qui produit de la souffrance, de l’injustice, de la destruction et dans le contexte biblique, tout ce qui est péché et éloigne de Dieu. Le mal est à la fois extérieur à nous mais habite également en nous.
Nous arrivons facilement à identifier le mal fait par d’autres que ce soit à l'encontre d’une nation, d’un groupe ethnique ou religieux ou d’un individu, nous le condamnons fermement. Mais nous sommes-nous déjà interrogés quant à ce que nous-mêmes serions capables de faire dans certaines circonstances ? Si quelqu’un faisait du mal à l’un de nos enfants, s’attaquait à notre personne ou à nos biens, se montrait totalement injuste vis-à-vis de nous, nous harcelait et bien d’autres choses encore, comment réagirions-nous ? Jusqu’où la colère pourrait-elle nous entraîner ? Après la Seconde Guerre mondiale, la philosophe Hannah Arendt a écrit au sujet du mal : « La leçon que nous a apprise l’étude sur la méchanceté humaine est la terrible, l’indicible banalité du mal ». Et encore : « Il eût été réconfortant de croire qu’Eichmann était un monstre. L’ennui c’est précisément qu’il y en avait beaucoup qui lui ressemblaient et qui n’étaient ni pervers, ni sadiques et qui étaient effroyablement normaux ».
Lorsqu’un criminel est arrêté, les médias nous rapportent souvent des témoignages de voisins : « Nous ne comprenons pas, il était si poli, avait l’air si gentil, nous rendait des services. » Nous ne sommes ni des nazis, ni des criminels de droit commun, mais il est important d’essayer de rentrer en nous-mêmes, d’être conscients de la violence dont nous pourrions être capables et d’essayer d’extirper de notre âme cet aspect noir. Le mal logé en chacun de nous peut nous entraîner à proférer des paroles ou à commettre des actes graves dictés par la colère et la haine.
Que nous dit la Bible à ce sujet ? Jésus nous demande d’aimer notre prochain quel qu’il soit et même d’aimer nos ennemis ! Sans la prière, cette dernière injonction relève pratiquement de l’impossible. Notre nature nous incite plutôt à raisonner en termes de « œil pour œil, dent pour dent ». Pour briser la spirale de la violence, en tant que chrétiens, nous ne pouvons pas faire l’économie de la démarche difficile mais salutaire du pardon accordé. Pardonner n’est pas oublier et encore moins excuser le mal. Mais avec l’aide de Dieu, en rejetant la rancune et la haine, en essayant de dominer le mal en nous, nous pouvons retrouver la paix intérieure !
Fabienne Rubach,
enseignante à la retraite