
Au centre du petit village de Neuwiller-lès-Saverne dans la plaine d’Alsace, une fois franchi le porche d’entrée, nous arrivons dans la cour d’une belle demeure vosgienne du XVIIIe siècle. Entourée d’un vaste parc verdoyant et arboré, elle est appelée le Château, en référence au château médiéval qui s’y dressait autrefois. Aucune reine, aucun prince, ni dragon pourtant, si ce n’est dans les histoires que l’on raconte à la veillée au coin du feu à une troupe d’enfants qui ont passé leur journée à crapahuter dans la forêt avoisinante pour observer insectes et oiseaux.
Vendu en 1958 à l’association des Unionistes, le Château des EUL (Équipes unionistes luthériennes) a vu depuis s'épanouir enfants et jeunes lors de nombreux camps, colonies, classes vertes ou encore week-ends de catéchisme ou de préparation à la confirmation. Mais les EUL, ce n’est pas seulement Neuwiller-lès-Saverne, ce sont aussi les rencontres de Taizé, les grands rassemblements de jeunesse comme La Parole est dans le pré, le festival Heavens Door, le Grand Kiff… Ce sont des camps à la montagne et à l’océan, ici ou plus loin, en France, en Forêt-Noire, en Croatie, au Togo, ou encore en Afrique du Sud. Une belle manière d’apprendre à faire société comme l’expliquent, dans le dossier que nous consacrons au centenaire des EUL, Catherine Schneider, présidente du comité, et la pasteure Barbara Siéwé, secrétaire générale. Faire société, être sensible à ce qui nous environne, ne pas craindre d’aller à la rencontre de la différence, expérimenter la vie en collectivité, apprendre à partager. « Convaincus que chacun peut agir pour transformer le monde, les EUL proposent un cadre éducatif qui permet aux jeunes de développer leur compréhension du monde et leur capacité à agir afin de devenir acteurs·trices d’une société fondée sur trois principes : une société solidaire et démocratique, une société engagée pour la sauvegarde de l’environnement, une société inclusive, respectueuse et fraternelle » (projet associatif des EUL).
C’est réellement une chance, surtout aujourd’hui, d’avoir un lieu où bénévoles, salarié·es et pasteur·es se mettent au service des enfants et des jeunes pour leur permettre de vivre, un court temps ou plus longtemps, une fois ou plusieurs fois, des expériences de vie qui font grandir, qui donnent confiance en soi et en l’autre. Des expériences qui inspirent pour une vie entière.
Gwenaelle Brixius,
rédactrice en chef
Mai-juin 2026