
Mon ami le pasteur Daniel Bourguet (1946-2026) a quitté définitivement la scène un lundi de Pâques et a ainsi soigné discrètement sa sortie. Quand j’ai fait sa connaissance, il était enseignant (d’hébreu et de Bible hébraïque) et je crois que c’est un des adjectifs qui l’a caractérisé le mieux tout au long de sa vie. En faisant (selon moi) de Philémon de Gaza un double littéraire et théologique, il ne pouvait mieux signifier, par pudeur, sa proximité totale avec les ermites du désert d’hier et d’aujourd’hui. En lisant Daniel Bourguet et sa si profonde et si essentielle humilité, le lecteur est transporté par un homme de Dieu et un homme de foi absolument hors norme. Ce « testament » posthume met en exergue Dieu, Jésus et sa parole dans les Évangiles, sous le signe de l’Esprit saint et de la grâce. C’est le plus subtil des lecteurs de la Bible que j’ai eu le privilège de rencontrer. Il nous laisse là, en guise d’au revoir, une incomparable introduction à la foi chrétienne ; dont chaque page respire l’intime et la finesse, quasiment sous la forme de prédications. Un chef-d’oeuvre de théologie biblique !
Jean-Sébastien Ingrand
En lisant Philémon de Gaza, de Daniel Bourguet, éditions Olivétan, 2026, 452 p., 24 €