Contemplation…
Georges de La Tour : Le nouveau né (vers 1648)

Ce tableau évoque avec perfection la sobriété de la naissance de Jésus qui se révèle à la lumière de Pâques.
Sobriété dans la composition : à côté de sainte Anne, silencieuse et bienveillante, Marie et l’enfant sont inscrits dans un simple triangle.
Sobriété dans la palette des couleurs utilisées. Remarquez aussi le sourire de la jeune mère : légèrement esquissé, il laisse entrevoir une joie intérieure, toute en retenue…
Sobriété de l’arrière-plan sombre qui indique que c’est la nuit, mais qui dit aussi, sans aucun pathos, l’obscurité qui menace toute vie humaine ; et que c’est là, dans nos obscurités, que Dieu a choisi de s’incarner.
La Passion est évoquée par la robe rouge de Marie, mais aussi par le nouveau-né endormi dont les langes ressemblent aux bandelettes dont on entourait les morts… Mais la lumière vive qui émane de l’enfant, c’est déjà celle du Ressuscité !
De l’incarnation à la passion et à la résurrection, tout y est, dans ce tableau à l’allure pourtant tout à fait profane. Vous n’y voyez aucun élément qui symboliserait ostensiblement la sainteté des personnages, aucune auréole, aucun vêtement somptueux, histoire de dire que Dieu s’est incarné dans notre réalité toute humaine, vraiment. Ici encore, l’artiste fait transparaître le sacré à travers une scène de la vie ordinaire.
Le cadre resserré donne une impression de proximité par rapport au spectateur. Ainsi, Georges de La Tour nous invite à la contemplation avec cette icône de la Nativité, où le silence est palpable et où l’on ressent bien quelque chose de la paix de Noël…
Éva Clapiès