
Un rapport de la commission d’enquête sur le génocide au Tigré publié le 16 octobre dévoile l’ampleur des exactions commises sur les femmes durant le conflit qui a frappé le Nord de l’Éthiopie entre 2020 et 2022, à partir des réponses de 480 000 femmes âgées d’au moins 15 ans interrogées, soit le tiers de la population féminine du Tigré. Viols collectifs, torture, et même insertion d’objets dans les organes génitaux… 60 % déclarent avoir été victimes de violences liées à leur genre. Les rapporteurs soulignent qu’une part a clairement été commise pour « empêcher la reproduction des femmes tigréennes » et « s’apparentent donc à des crimes de génocide ». Ils espèrent que leur travail permettra d’établir un jour les responsabilités de ces crimes devant une Cour de justice. Les mis en cause, autant des soldats érythréens que des forces de sécurité fédérales éthiopiennes, n’ont pas été poursuivis pour l’heure. La Commission déplore le refus du gouvernement éthiopien de coopérer avec la commission d’enquête africaine sur les crimes perpétrés au Tigré.
Source : Le Monde