Le 15 juillet, l’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi instaurant une « aide à mourir » par 291 voix contre 241, avec 29 abstentions. Ce vote suscite plusieurs réactions dans le monde protestant. Le Conseil national des évangéliques de France (Cnef) exprime sa « profonde tristesse » face à ce tournant éthique. Il rappelle que toute vie humaine possède une valeur intrinsèque, indépendante de l’autonomie ou de l’état de santé, et redoute que les plus vulnérables ne se sentent comme une charge pour leurs proches ou la collectivité. Le Comité protestant évangélique pour la dignité humaine (CPDH) s’inquiète d’une dignité désormais susceptible d’être évaluée selon l’autonomie ou la « validité » des personnes. Le médecin Didier Sicard questionne, lui, la notion de « volonté libre et éclairée » face à la mort et plaide pour davantage d’accompagnement. Le théologien François Clavairoly se réjouit, au contraire, du vote qu’il rapproche de « l’éthique de la détresse » défendue par Paul Ricoeur, et insiste sur la responsabilité personnelle et collective. Pour rappel, selon un sondage Ifop-Fédération protestante de France daté de mai dernier, sur l’aide active à mourir, 67 % des protestants se déclaraient favorables, un niveau légèrement inférieur à celui de l’ensemble de la société française.
Sources : Réforme - FPF