
Le succès du film Sacré Cœur a relancé les débats autour de Saje, société de distribution de films chrétiens fondée en 2014 et engagée dans une démarche d’évangélisation assumée. Inspirée du modèle américain du Godlywood, l’entreprise s’appuie sur des réseaux catholiques et évangéliques, mais aussi sur des relais médiatiques et économiques proches de sphères conservatrices. La présence de Chantal Barry, investisseuse évangélique dont les projets ont bénéficié d’un accueil favorable sur les chaînes du groupe Bolloré, alimente les interrogations sur les passerelles entre cinéma confessionnel, médias et orientations politiques. Les polémiques autour de films distribués par Saje — Unplanned (anti-avortement), Sound of Freedom (repris par la sphère complotiste américaine) ou Vaincre ou mourir (lecture controversée des guerres de Vendée) renforcent les soupçons d’un projet idéologique. Plusieurs exploitants dénoncent par ailleurs des pressions politiques locales pour imposer certaines programmations, remettant en cause la liberté culturelle des salles. Saje récuse toute instrumentalisation partisane, tout en revendiquant l’affirmation publique des valeurs chrétiennes dans un contexte culturel et politique qu’elle juge sécularisé.
Source : La Croix