
« Faire mémoire, c’est rendre présent pour soi, dans sa vie, la portée d’un événement passé. Nous recevons une mémoire qui n’est pas nostalgie, mais énergie », a relevé, dans sa prédication le pasteur Christian Krieger, président de la Fédération protestante de France (FPF), qui a présidé le culte de l’Assemblée du désert du 7 septembre dernier. Cette année encore, ce moment de ferveur a rassemblé environ 3 000 protestants dans la vaste clairière de Mialet, dans ces Cévennes où des huguenots ont été persécutés après la révocation de l’Édit de Nantes. Parmi eux, le conseil synodal de l’Église réformée d’Alsace-Moselle, sous la conduite de son président Pierre Magne de la Croix, mais aussi l’ancien président luthérien, Marc Lienhard, venu dédicacer son ouvrage sur les anabaptistes d’Europe. Car en rappelant que « l’Esprit souffle où il veut », les organisateurs ont commémoré le 500e anniversaire de la naissance de l’anabaptisme, rappelant que les mennonites, baptistes, évangéliques s’inscrivent aujourd’hui dans une extraordinaire diversité. En conclusion d’une après-midi où il fut question des anabaptistes alsaciens, la pasteure Joëlle Sutter-Razanajohary a plaidé pour « déconstruire les préjugés sur les évangéliques comme sur les luthéro-réformés, pour construire un avenir commun ». Pour sa part, Christian Krieger avait insisté aussi sur la vocation de la FPF – qui fête son 120e anniversaire en novembre – comme « lieu d’écoute où chacun accueille la parole de l’autre, en admettant de se laisser transformer par elle ».